Dessin sur un fond bleu figurant le ciel. Une forme blanche évoque à la fois un nuage et un cocon sur lequel est blottie une silhouette grise en forme d'oiseau. Il a le bec grand ouvert, semblant, au choix, attendre la becquée ou s'égosiller.

Post formation IA générative

Sans surprise, mon employeur participe à l'évangélisation pour l'IA générative : une formation en ligne obligatoire nous a été imposée. Comme je n'ai pas pu assister en direct aux webinaires (vacances ogliges), j'ai posé mes questions sur un forum dédié. Résultats ? Rien. Alors, vu le temps que j'y ai passé, autant reproduire la « discussion » ici.

Photo d'un visage de porcelaine, où est tatouée une carte cérébrale, et semblant vu à travers un objet percé, cylindrique, clair et flou.
Crédit photo : meo sous licence CC0

Analyse coût-bénéfice de l'IA générative

Post 1 (sur 2)

Étant en congé, je ne pourrai voir si la question « coût-bénéfice de l'IA générative » sera abordée lors des derniers webinaires.

La peur d'être dépassé étant à l'œuvre, infusée dans la société à coût de milliards, je doute que le sujet soit équitablement traité.

Voici pourtant quelques thèmes que j'aurais aimé voir être abordés :

  1. Deep-fakes, info-pollution, multiplication exponentielle de la production automatique de contenus, merdification du web, en phase avec les propos de Steve Banon, ex-mentor de Trump « Les démocrates n'ont pas d'importance. La véritable opposition, ce sont les médias. Et la façon de s'y prendre avec eux est d'inonder la zone de merde. »

  2. Pillage de la propriété intellectuelle, diminution drastique du nombre de visites des sites web produisant des contenus originaux, conduisant à leur disparition ou à leur vassalisation.

  3. Réponses biaisées, IAs construites sur des données occidentales, véhiculant en particulier un imaginaire occidental, raciste, sexiste.

  4. Industrie écocide, prolifération des data-centers entrainant d'énormes émissions de gaz à effet de serre, consommations et pollutions de l'eau, artificialisations des terres, prédations sur le foncier, conflits d'usages de l'électricité.

  5. Industrie néo-colonialiste, exploitation de la misère humaine réalisée dans des pays du Sud, soit pour l'extraction des métaux rares nécessaires à la constitution des data-centers, soit pour le « travail du clic » servant à affiner les modèles, à valider leurs résultats. Ils/elles sont massivement et brutalement exploité·e·s, détruit·e·s physiquement et psychologiquement.

  6. Bulle spéculative, des milliers de milliards de devises sont investis dans ces technologies. Ces sommes sont à comparer à celles allouées à d'autres thèmes, comme celui du dérèglement climatique par exemple (thème qui officiellement préoccupe [notre maison-mère]).

  7. Renforcement d'énormes monopoles dirigés par des Musk, Bezos, Altman et autres patrons de la Silicon Valley qui sont, ils le revendiquent, des long-termistes. Pour eux, il s'agit de construire un futur idéal pour les millénaires à venir, si à court terme 99% de la vie sur Terre doit disparaitre, c'est négligeable, non pertinent. Car en tant qu'être supérieur, la science me fournit des vaccins, conditionne mon air, dépollue mon eau, fabrique ma nourriture, m'exile sur Mars si besoin. Et les autres ? Comme on dit « Qui pleure les dinosaures ? »

Réponse au post 1

Bonjour,
Attendez lundi pour avoir accès au Module 4 qui répond - je pense - à de nombreuses de vos questions.

Post 2 (sur 2)

Bonjour,

Ce module 4 intitulé « Utiliser l'IA générative de manière responsable et éthique » laisse beaucoup de questions de côté.

Petite parenthèse, des esprits chagrins auront décelé dans l'exposé quelques éléments de langage bien connus :

  • du technosolutionnisme (« L’IA peut être un levier pour la transition écologique ») ;

  • du greenwashing (« Privilégier les modèles reposant sur des infrastructures alimentées par des énergies renouvelables ») ;

  • des appels à la responsabilité individuelle (« Adopter des pratiques limitant l'impact environnemental de l'IA »).

Mais, considérant que tous ces éléments de langage sont de l'ordre de la diversion, concentrons-nous plutôt sur des aspects n'apparaissant pas dans l'exposé. Olivier Ertzscheid dans un article du Monde d'octobre 2023 disait :

« Le projet des grands capitaines d’industrie de la Tech, de Zuckerberg à Musk, n’est plus de permettre à l’humanité de se parler ni même de nous permettre de dialoguer avec des robots, mais de permettre à des robots de nous parler pour nous indiquer quoi faire, que dire et où regarder. »

Cette phrase résume bien les dérives de l'économie de l'attention, puis de l'économie de la surveillance. Et dans la continuité de cette dérive, nous retrouvons aujourd'hui ces mêmes acteurs qui poussent l'IA générative. Ils ne nous veulent pas du bien. Seul le profit, et le pouvoir qui va avec, les intéresse. De plus, ils sont liés par la loi (CLOUD Act, PATRIOT Act, etc.) à des agences gouvernementales états-uniennes. Enfin, cerise sur le gâteau, les États-Unis sombrent depuis quelques mois dans l'anti-science, l'autoritarisme, le nationalisme, le fascisme.

L'IA générative serait juste un outil ? Non, ou alors et avant tout, un outil de domination. Et beaucoup de personnes en ont conscience. Certaines, par instinct de survie, se rallient à la raison du plus fort. D'autres résistent, comme le prouve par exemple le land de Schleswig-Holstein : dans un souci de « souveraineté numérique », il a débuté une migration courageuse pour que ses 60 000 fonctionnaires, policiers, magistrats ou agents publics, n'utilisent plus d'applications développées par Microsoft. Et il en faut du courage face à la violence que déchaine toute résistance à Big Tech. 60 000 fonctionnaires vont donc devoir suivre des formations. Assurément, aucune n'aura pour titre « Maîtrisez l'IA générative et optimisez votre travail ». Quelle dissonance ! Un autre sens de la responsabilité et de l'éthique ?

Réponse au post 2

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